Notre dernier temps d’échange interne sur le numérique responsable portait d’ailleurs sur le navigateur Brave, qui propose de nombreuses fonctionnalités intéressantes pour mieux protéger notre vie privée et réduire l’affichage des publicités gênantes.
Part de marché mondiale des navigateurs web
Août 2026 - Statcounter.com
Mais pourquoi, en tant qu’utilisateur, choisir un navigateur open source ?
Premièrement, le code source est public et ne contient pas de composants propriétaires : il n’y a pas de pistage caché et c’est impossible pour les créateurs d’insérer discrètement des mouchards publicitaires sans que personne ne le sache. En comparaison, dans le navigateur Google Chrome qui, lui, n’est pas open source, l’entreprise Google ajoute par défaut des fonctions de suivi (statistiques d’utilisation, pages visitées,etc.).
Les projets Open Source bénéficient également d’une large communauté de développeurs indépendants et d’experts en sécurité qui corrigent rapidement les failles de sécurité.
Cela ne veut pas dire pour autant que les navigateurs open source ne collectent aucune donnée personnelle ou qu’il n’y a aucun moyen de suivre notre activité en ligne. L’open source apporte surtout la transparence et le contrôle : le code étant public, il peut être analysé par des développeurs indépendants ou des experts en cybersécurité et faire l’objet de débats publics. On peut donc mieux comprendre ce qui se passe en arrière-plan et choisir ses outils en connaissance de cause.
Quels sont les avantages pratico-pratiques pour l’utilisateur ?
D’un navigateur à l’autre, ces avantages varient grandement.
Firefox bloque de nombreux traqueurs tiers.
Brave va plus loin en bloquant par défaut les publicités et les traqueurs grâce à son système « Shields ».
Les navigateurs open source proposent souvent de nombreuses options de personnalisation de l’interface et d’extensions, ce qui permet d’en faire un tableau de bord à son image.
Open source ne veut pas toujours dire gratuit : certaines fonctionnalités avancées peuvent être payantes. Ces navigateurs réduisant la publicité doivent également trouver d’autres sources de financement pour assurer la pérennité de leurs projets (publicités « choisies », cryptomonnaie,etc.). La différence avec les navigateurs propriétaires porte surtout sur le choix laissé à l’utilisateur et la transparence
Peut-on consulter les réseaux sociaux ou YouTube dans un navigateur plutôt que d'utiliser les applications correspondantes ?
Oui, c’est d’ailleurs une habitude (partagée par plusieurs membres de notre équipe) qui présente de nombreux avantages. Le plus évident, c’est qu’on bénéficie automatiquement des protections du navigateur. Cela permet également de gérer les autorisations directement dans le navigateur, plutôt qu’application par application. Par exemple, le blocage des publicités sur YouTube fonctionne actuellement très bien. À noter cependant que c’est un bras de fer permanent entre les bloqueurs de publicité et les diffuseurs, et que l'efficacité du blocage des publicités peut évoluer rapidement. À contrario, sur les réseaux sociaux comme Facebook, Brave ne parvient pas à bloquer les publications sponsorisées dans le fil d’actualité.
Open Source ne veut pas dire parfait. Régulièrement, ces projets ouvrent des débats comme lorsque Mozilla a publié ses premières conditions générales d’utilisation de Firefox en 2025. De son côté, Brave suscite des réserves sur la place laissée aux cryptomonnaies.
Alors, lequel choisir ?
Il n’existe pas de navigateur parfait.
Choisir Firefox, c’est opter pour une alternative au moteur Chromium. En effet, derrière Firefox se cache le moteur Gecko, totalement indépendant de Google. Vous pouvez ainsi agir pour garantir la diversité du web. Si vous souhaitez creuser ce sujet, nous vous conseillons l'excellent article de Mozilla : "Competition, Innovation, and the Future of the Web – Why Independent Browser Engines Matter".
Brave offre le gros avantage de bloquer publicités et traqueurs avec très peu de configuration.
Chromium, lui, permet de profiter de la richesse de l'écosystème Chromium tout en limitant les données transférées à Google.
Et il en existe d'autres... , et même des Européens !
Passer à un navigateur Open Source, quelque soit celui que vous choisirez, c’est dans tous les cas faire un pas pour reprendre un peu de contrôle sur vos données.
Le Numérique Responsable, c’est aussi cela : se réunir régulièrement pour échanger sur nos pratiques, parfois autour d’un outil aussi simple et quotidien que les navigateurs web, et débattre des avantages et des inconvénients. C’est aussi faire découvrir aux moins aguerris d’entre nous les multiples facettes de ce choix et nous éclairer sur des choses dont nous ne soupçonnions même pas l’existence.

Duddal
SOS Village d'Enfants Niger



Et pourquoi pas un navigateur web open source ?