Se rendre au contenu

Électricité verte : nous pensions payer plus cher, notre facture a baissé de 26 %

Comme beaucoup d’entreprises, nous savons qu’il est utile de renégocier régulièrement nos contrats et abonnements pour réduire les coûts. Mais dans la pratique, certains sujets passent facilement à la trappe.

Dans le cadre de notre démarche Numérique Responsable, accompagnés par l’Agence Lucie, nous avons commencé à regarder nos fournisseurs autrement : non seulement sous l’angle du prix et du service, mais aussi de leurs propres engagements environnementaux et responsables.

Parmi les contrats que notre direction souhaitait revoir depuis longtemps, il y en avait un en particulier : celui de l’électricité, alors fournie par EDF. Avec une idée en tête depuis plusieurs années : passer à une offre verte et locale.

Quitter EDF, le grand saut dans l’inconnu ?

Clairement, nous avions un a priori que beaucoup partagent : « A quoi bon comparer ? EDF est probablement difficile à battre, trouver mieux va nous faire perdre du temps pour pas grand-chose. »


A cela s’ajoute le fait que l’électricité n’est pas un abonnement comme les autres. Changer d’assurance ou d’opérateur téléphonique nous paraît relativement banal. Quitter son fournisseur d’électricité peut sembler plus intimidant : EDF, le tarif réglementé, le fonctionnement du marché de l’énergie… le sujet paraît vite technique.

Nous avions aussi une autre idée bien ancrée : une électricité verte devait probablement coûter beaucoup plus chère. Après tout, nous cherchions une offre répondant à des critères environnementaux plus exigeants. Nous nous attentions donc plutôt à devoir accepter un certain surcoût au nom de nos engagements.

Notre démarche Numérique Responsable nous a finalement poussés à vérifier si nous avions raison.

Comparer les offres : plus simple à dire qu’à faire

Brigitte, assistante administrative chez Mind and Go / DataCup, s’est chargée d’étudier les fournisseurs et de comparer les offres disponibles.

Cela nous a réservé quelques surprises : certains fournisseurs n’ont même pas souhaité étudier notre dossier en raison de leurs propres critères de notation des entreprises. Autrement dit, changer de fournisseur n’a pas été aussi simple que prévu.

Mais nous avons poursuivi les recherches et comparé les offres selon plusieurs critères : le prix, bien sûr, mais aussi l’origine de l’électricité, les engagements du fournisseur et son ancrage territorial.

C’est ainsi que nous avons choisi LLUM, un fournisseur basé dans les Pyrénées-Orientales (notre département !) qui s’approvisionne en électricité 100 % renouvelable auprès de producteurs d’Occitanie, notamment grâce à l’hydroélectricité, au solaire et à la méthanisation.

Le résultat que nous n’avions pas anticipé : -26 %

Comme évoqué plus haut, nous nous attendions donc à payer un peu plus cher en nous tournant vers une offre d’électricité verte.

C’est exactement l’inverse qui s’est produit.

Notre facture annuelle d’électricité a baissé de 26 % par rapport à notre précédent contrat.

Au final, cette expérience nous a surtout montré que certaines croyances sur l’écologie ne sont tout simplement plus d’actualité.

Nous pensions qu’une offre verte serait nécessairement plus chère. Nous pensions aussi qu’en restant chez notre fournisseur historique, nous avions probablement déjà une offre difficile à améliorer.

Nous n’aurions jamais su que ces deux idées étaient fausses si nous n’avions pas pris le temps de comparer.

Alors, si votre contrat d’électricité n’a pas été remis en concurrence depuis plusieurs années, peut-être que la première étape n’est pas forcément de changer de fournisseur.

C’est simplement de vérifier.

Pourquoi l’électricité verte peut aujourd’hui être compétitive

Notre expérience nous a amenés à nous poser une question simple : comment une offre plus verte et plus locale peut-elle aussi être moins chère ?

Une partie de la réponse se trouve dans la façon dont certains fournisseurs achètent aujourd'hui l’électricité. Certains fournisseurs verts concluent directement des contrats à long terme avec des producteurs d’énergie renouvelable. Ces contrats, appelés PPA (Power Purchase Agreements), permettent au producteur comme au fournisseur de fixer leurs conditions sur plusieurs années et de moins dépendre des fluctuations du marché.

C’est justement le cas de LLUM. Le fournisseur a conclu un PPA avec Visolar, producteur d’électricité agrivoltaïque basé à Perpignan. Visolar exploite notamment des serres photovoltaïques, des vignes équipées de panneaux solaires et d’autres installations agricoles dans les Pyrénées-Orientales. L’électricité produite est vendue directement à LLUM dans le cadre d’un partenariat à long terme.

Hydroélectricité, solaire et agrivoltaïsme : différentes façons de produire une électricité renouvelable. En France, l’agrivoltaïsme est encadré par la loi : les panneaux ne doivent pas remplacer l’activité agricole, qui doit rester l’usage principal de la parcelle.

Hydroélectricité, solaire et agrivoltaïsme : différentes façons de produire une électricité renouvelable. En France, l’agrivoltaïsme est encadré par la loi : les panneaux ne doivent pas remplacer l’activité agricole, qui doit rester l’usage principal de la parcelle.

Pour Visolar, cela permet de savoir à qui vendre sa production et dans quelles conditions sur plusieurs années. Pour LLUM, c’est un moyen de s’approvisionner directement auprès d’un producteur renouvelable du territoire tout en maîtrisant mieux le prix de l’électricité qu’il revend à ses clients.

Cela ne signifie évidemment pas qu’une offre verte sera systématiquement moins chère qu’une offre classique. Le tarif dépend toujours du profil de consommation, de la puissance souscrite, de la durée du contrat ou encore des conditions du marché.

Mais cet exemple montre bien pourquoi électricité renouvelable et prix compétitif ne sont plus forcément contradictoires.

Le prix n’était pas notre seul critère

Si le résultat financier nous a surpris, ce n’était pas la seule raison de notre changement de fournisseur.

À l’origine, notre démarche était avant tout liée à notre engagement en faveur du Numérique Responsable. Celui-ci ne concerne pas uniquement nos équipements ou nos usages numériques : il nous pousse aussi à regarder ce que nous achetons, à qui, et dans quelles conditions.

Nous avons donc comparé les offres au-delà du seul prix.

Le premier point est bien sûr l’origine de l’électricité. Une offre verte doit être associée à des Garanties d’Origine, qui permettent de certifier qu’une quantité équivalente d’électricité renouvelable a bien été produite et injectée sur le réseau.

Mais pour aller plus loin, il peut être intéressant de regarder comment le fournisseur s’approvisionne réellement : achète-t-il uniquement des Garanties d’Origine séparément, ou travaille-t-il directement avec des producteurs d’énergie renouvelable ?

Des labels comme VertVolt, porté par l’ADEME, permettent aussi d’identifier plus facilement les offres les plus engagées.

Nous vous conseillons donc de ne pas vous arrêter au seul prix du kWh. En résumé, voici les principaux points à regarder :

Le bon réflexe : comparer

Notre expérience ne signifie pas qu’une offre verte sera toujours moins chère ni que LLUM conviendra à toutes les entreprises.

Elle nous a simplement appris qu’il vaut mieux comparer que supposer.

Dans notre cas, cette démarche nous a permis de trouver une offre plus cohérente avec nos engagements, plus locale… et 26 % moins chère que notre précédent contrat.

Si votre contrat d’électricité n’a pas été remis en concurrence depuis plusieurs années, commencez par là : comparez.

Se connecter pour laisser un commentaire.